Mien (adjectif)


Définition de l'Académie française (éd. 1986)

Adjectif 

(pl. Miens, nes et Les s, les nes ). IX e siècle, meon . Issu du latin meum, accusatif de meus, de même sens.
1. Adj. Avec un article ou un adjectif indéfini ou, plus rarement, un adjectif démonstratif. Qui est à moi, qui m'appartient. Un cousin, une ne amie. Dans certaines tournures attributives. Cette découverte est ne, elle me revient. Je fais votre argument, je l'accepte comme s'il venait de moi, je le reprends à mon compte. Vos intérêts, vos soucis sont s, j'y prends la même part que vous.
2. Pronom. Désigne un être, une chose, en marquant un rapport de possession, d'appartenance avec la personne qui parle ou écrit. Votre voix porte plus que la ne. Vous veillez à vos intérêts, et moi aux s. Ses amis et les s. Votre choix sera le , je m'y conformerai, je m'en remets à vous. Expr. Je suis prêt à y mettre du , à faire un effort, une concession pour manifester ma bonne volonté. Fam. Distinguer le tien du , reconnaître, séparer ce qui appartient ou ce qui revient à chacun. Spécialt. Les s, ma famille, mes proches, ceux qui me sont attachés. Il est plein d'égards pour moi et les s.


Signification de l'Académie française (éd. 1932-35)


Pron. possessif de la première personne. "Quand vous m'aurez dit votre sentiment, je vous dirai le . Ce n'est pas votre avis, c'est le . Vous veillerez à votre intérêt, et moi au . Songez-y de votre côté, j'y songerai aussi du . Ses amis et les miens s'en sont mêlés. C'est son intention et la ne. Vos affaires sont les nes, sont miennes."
LE MIEN s'emploie comme nom pour désigner Ce qui appartient en propre à telle ou telle personne. "Je ne demande que le . Le tien et le ."
Il signifie encore Ce qui vient de moi. "Je vous dis la chose comme elle est, je n'y mets rien du , je n'y ajoute rien du ."
"Les s," au pluriel, Mes proches, mes alliés, ceux qui m'appartiennent en quelque façon. "Il est plein d'égards pour moi et pour les s."
MIEN, IENNE, s'employait dans l'ancienne langue comme adjectif. Nous en avons gardé un souvenir dans : "Un ami, un cousin," qui se disaient et se disent encore parfois pour Un de mes amis, un de mes cousins. "Ce livre que vous tenez est , cette découverte est ne," Ce livre est ma propriété, cette découverte m'appartient. On dit plutôt aujourd'hui : "Ce livre est à moi, cette découverte est de moi." Mais on dit encore : "Je fais ne cette réponse, cette décision."



Dictionnaire d'Emile Littré




 1   Familièrement, avec un, quelque, ce, cette, et un substantif.
RÉGNIER: « Le ciel contre moi conjuré Voulut que s'accomplît cette aventure ne »
CORN.: « Et d'abord, vous prenant pour ce camarade, Mes sens d'aise aveuglés ont fait cette escapade »
LA FONT.: « Il m'est mort un frère »
RAC.: « Voici le fait : depuis quinze ou vingt ans en cà, Au travers d'un pré certain ânon passa »
DE CAILLIÈRES: « J'ai un beau-frère avocat au parlement, locution de la cour »
VOLT.: « Vous prétendez avoir recours à quelque ne rhapsodie »

 2   Sans article, et après le substantif avec lequel il se construit.
ROTR.: « Ses intérêts sont s ; et qui lui fait outrage, S'il ne s'adresse à moi, s'adresse à son image »
ROTR.: « Thèbes, dessus ma tête apporte la couronne ; Elle est ne, et le sang par deux fois me la donne »
LA BRUY.: « Horace ou Despréaux l'a dit avant nous ; je le crois sur votre parole, mais je l'ai dit comme »
J. J. ROUSS.: « Elle avait beau séparer son bonheur du , je le voyais en dépit d'elle »

 3   Avec l'article défini et sans substantif. Quand vous m'aurez dit votre sentiment, je vous dirai le .
BOSSUET: « Au lieu de déplorer la mort des autres, grand prince, je veux apprendre de vous à rendre la ne sainte »
RAC.: « Cet Achille, l'auteur de tes maux et des s »
VOLT.: « Les tiens [tes dieux] t'ont commandé le meurtre et la vengeance ; Et le , quand ton bras vient de m'assassiner, M'ordonne de te plaindre et de te pardonner »

 4   S. m. Le , le bien qui m'appartient. Je ne réclame que le .
    J'y mets du , je fais un sacrifice d'argent.
    Fig. Je mets du , j'ajoute du , j'amplifie, j'exagère, je controuve.
LA FONTAINE: « Si j'ajoute du à son invention, C'est pour peindre nos moeurs, et non point par envie »
LA FONTAINE: « Voici le fait, quiconque en soit l'auteur ; J'y mets du selon les occurrences »
ROLLIN: « Tout mon travail consiste à extraire des auteurs anciens ce qui s'y trouve de plus beau, soit pour les faits, soit pour les réflexions, sans presque jamais y rien ajouter du »
VOLT.: « Je vais raconter ingénument comme la chose se passa, sans y rien mettre du ; ce qui n'est pas un petit effort pour un historien »
    En un autre sens. J'y mets du , je fais des concessions.
J. J. ROUSS.: « Je me disais que je n'avais pas été assez patient, assez complaisant, assez caressant, que je pouvais encore vivre heureux dans une amitié très douce en y mettant du plus que je n'avais fait »
    Du , de mon côté.
MOL.: « Je risque plus du que tu ne fais du tien »

 5   Le tien et le , la propriété.
BOURDAL.: « Le et le tien sont les termes les plus communs sur la terre, et nous ne pouvons guère nous en passer »
BOURDAL.: « Parmi ces bienheureux on n'entend pas ces termes de et de tien »
BOILEAU: « Et le et le tien, deux frères pointilleux »

 6   S. m. pl. Les s, mes proches, mes alliés, mes partisans. Le sort, pour me nuire, A-, t-il quelqu'un des s qu'il veuille encor séduire ? CORN. Cinna, V, 3.
VOLT.: « Eh ! qui des s, hors toi, m'ose jamais parler ? »
PICARD: « Ah ! grand Dieu ! j'apprends la mort de tous les s »

 7   Familièrement. J'ai fait des nes, j'ai fait des fredaines, j'ai été dissipé.
DANCOURT: « J'ai fait quelquefois des nes, oui, Frosine »

HISTORIQUE
    XIème siècle
     Ch. de Rol. III: Par num [à condition] d'ocire, i enverrai le men [fils]
     ib. XVII: Par ceste barbe et par cest men guernon [moustache]
    XIIème siècle
     Ronc. 107: Cest jour est mout li s pris abaissez
     Couci, II: Se j'en travail [souffre], je n'en sai qui blasmer, Fors les douz ieus et son simple viaire, Dent li sont traï en l'esgarder
     ib. VI: Tant com [je] fu s [je m'appartins], [elle] ne me fist se bien non
    XIIIème siècle
BRUN. LATINI: « Seneques dit que li home vesquissent mult en pais, se ces deux paroles et tien fussent ostées dou mi [milieu] »
     Berte, XI: Uns s amis me vint des ersoir acointer....
JOINV.: « Le commandeur li respondi que il n'avoit denier du , et que il ne me congnoissoit »
JOINV.: « Le roy des Tartarins.... li dit : Cognois-tu ces joiaus ? Et le caiife respondi que oyl : il furent »
     Psautier, f° 80: Li meïsme [les s mêmes] me contralient ausi comme un estrange
BEAUMANOIR: « Aucune foiz me convientil servir autrui malgré »
    XVIème siècle
MARG.: « Viens donc, ami, prendre ce qui est tien, Je suis à toi ; sois doncques du tout »
RONS.: « Si j'estois ne [ma maîtresse], et si j'avoy fiance Aux estrangers, je ferois alliance Par mariage à ce vaillant Troyen »
CARLOIX: « Cette ne si heureuse fortune »

ÉTYMOLOGIE
    Berry, men, menne ; wallon, meune ; namur. menk, fém. mène. Ce mot vient certainement de l'adjectif possessif ; mais on est embarrassé sur le mode de dérivation. Diez y voit l'ancien adjectif possessif mi (de meus) avec la finale en. D'autres admettent que est la forme picarde men, diphthonguée à cause qu'elle porte l'accent, que mon, ma ne portent jamais, étant toujours proclitiques ; le picard men est l'équivalent de mon des autres dialectes.
     Berte, XVIII: À côté de , on disait aussi beaucoup meie, moie, qui viennent directement de meum, meam ; A-il mesaise au monde qu'à la moie compere [y a-t-il malheur au monde qui soit égal au ] ? Palsgrave, p. 3, dit que ne se prononçait mianne.


1ère signification éditée en 1835 par l'Académie Française



de la première personne. "Quand vous m'aurez dit votre sentiment, je vous dirai le . Ce n'est pas votre avis, c'est le . Vous veillerez à votre intérêt, et moi au . Songez-y de votre côté, j'y songerai aussi du . Ses amis et les s s'en sont mêlés. C'est son intention et la ne. Vos affaires sont les nes." Dans ce sens, "Mien" et "Mienne" ne se mettent jamais sans l'article, et ne se joignent à aucun substantif.



2ème signification éditée en 1835 par l'Académie Française



dans le style familier, se joint quelquefois avec "un," et se met devant un substantif. "Un frère. Un parent. Un neveu. Une ne cousine."
Il s'emploie encore, sans être accompagné de l'article ni du mot "un;" et alors il se met toujours après le substantif avec lequel il se construit. "Ce livre que vous tenez est . Cette découverte est ne. Je donne cette raison non comme bonne, mais comme ne."



3ème signification éditée en 1835 par l'Académie Française



est aussi substantif, au masculin, et signifie, Le bien qui m'appartient. "Je ne demande que le ."
Il signifie encore, Ce qui vient de moi. "Je vous dis la chose comme elle est, je n'y mets rien du , je n'y ajoute rien du ."
"Le tien et le ," La propriété. "Le tien et le engendrent beaucoup de guerres et de procès."
"Les s," au pluriel, Mes proches, mes alliés, ceux qui m'appartiennent en quelque façon. "Il est plein d'égards pour moi et pour les s."
Fam., "J'ai bien fait des nes dans ma jeunesse," J'ai fait bien des folies quand j'étais jeune.



1ère ancienne définition de 1798 (Académie Française)

Adjectif 


possessif et relatif. "Quand vous m'aurez dit votre sentiment, je vous dirai le . Ce n'est pas votre avis, c'est le . C'est l'avantage de votre frère et du . Vous veillerez à votre intérêt, et moi au . Songez-y de votre côté, j'y songerai aussi du . Ses amis et les s s'en sont mêlés. C'est son intention et la ne. Vos affaires sont les nes". Il faut remarquer que dans ce sens, "Mien" et "mienne" ne se mettent jamais sans l'article, et ne se joignent avec aucun substantif.



2ème ancienne définition de 1798 (Académie Française)



Mien, s'est joint autrefois avec Un; et alors il se mettoit devant le substantif, et cessoit d'être relatif. "Un frère. Un parent. Un neveu. Une ne cousine". Dans cette acception il est vieux.
On s'en sert encore avec le substantif, sans qu'il soit accompagné d'article, ni du mot "Un;" et alors il se met toujours après le substantifavec lequel il se construit. Ainsi on dit en termes de Pratique, "Ces fruits-là sont s". "J'ai droit, comme Seigneur de fief, de faire des fruits s".



3ème ancienne définition de 1798 (Académie Française)



Mien, est aussi substantif, et signifie, Le bien qui m'appartient. "Je ne demande que le ".
On dit substantivement, "Les s," au pluriel, pour dire, Mes proches, mes alliés, ceux qui m'appartiennent en quelque façon. "Il est plein d'égards pour moi et pour les s".



1ère signification éditée en 1762 (dictionnaire de l'Académie Française)



"Quand vous m'aurez dit votre sentiment, je vous dirai le . Ce n'est pas votre avis, c'est le . C'est l'avantage de votre frère & du . Vous veillerez à votre intérêt, & moi au . Songez-y de votre côté, j'y songerai aussi du . Ses amis & les s s'en sont mêlés. C'est son intention & la ne. Vos affaires sont les nes." Il faut remarquer que dans ce sens, "Mien" & "mienne" ne se mettent jamais sans l'article, & ne se joignent avec aucun substantif.



2ème signification éditée en 1762 (dictionnaire de l'Académie Française)



s'est joint autrefois avec Un; & alors il se mettoit devant le substantif, & cessoit d'être relatif. "Un frère. Un parent. Un neveu. Une ne cousine." Dans cette acception il est vieux.
On s'en sert encore avec le substantif, sans qu'il soit accompagné d'article, ni du mot "Un;" & alors il se met toujours après le substantif avec lequel il se construit. Ainsi on dit en termes de Pratique, "Ces fruits-là sont s. J'ai droit, comme Seigneur de Fief, de faire les fruits s." En ce sens il n'a guère d'usage que dans le style de Pratique.



3ème signification éditée en 1762 (dictionnaire de l'Académie Française)



est aussi substantif, & signifie, Le bien qui m'appartient. "Je ne demande que le ."
On dit substantivement, "Les s," au pluriel, pour dire, Mes proches, mes alliés, ceux qui m'appartiennent en quelque façon. "Il est plein d'égards pour moi & pour les s."



Définition du dictionnaire de Jean-François Féraud (édition de 1788)


MIENNE, pron. possess. et relat. ["Mièn", monos. "miène"; "en" dans le 1er n'a pas le son d'"an": 1re "è" moy. 2e "e" muet au 2d.] Il est toujours relatif à un nom qui a précédé. 'Ce n'est pas "votre avis", c'est "le ", c. à. d. "mon avis". 'Voilà votre canne, voici "la ne". = "Mien", "tien" "sien", ne doivent jamais se mettre devant le substantif. On disait autrefois, et l'on dit encôre en certaines Provinces, "un " frère, "une siène" soeur. Il faut dire: "un de mes" frères, "une de mes" soeurs; ou, s'il n'y en a qu'un, "mon frère", "ma~ soeur". = "Mien" est aussi substantif; et au singulier":" 'Je ne demande que "le ", c. à. d. mon bien. '"Le tien et le " (et non pas "le et le tien", comme dit un Auteur) est la source de tous les procês, et de toutes les guerres; et au pluriel: "les s", mes proches, mes aliés. 'Il est plein d'égards pour moi et pour "les s".



Signification éditée en 1694 (selon l'Académie Française)



Pronom possessif relatif de la première personne. "Quand vous m'aurez dit vostre sentiment, je vous diray le . ce n'est pas vostre avis, c'est le . c'est l'avantage de vostre frere & du . vous veillerez à vostre interest & moy au . songez-y de vostre costé, j'y songeray aussi du . ses amis & les s s'en sont meslez. il est de ses amis & des s. c'est son intention & la ne. vos affaires sont les nes". Il faut remarquer que dans ce sens "Mien, & ne" ne se mettent jamais sans l'article, & ne se joignent avec aucun substantif.
"Mien," Se joint quelquefois avec "Un," & alors il se met devant le subst. & cesse d'estre relatif. "Un frere. un parent. un neveu. une ne cousine". Mais il commence à vieillir en ce sens là.
On s'en sert encore avec le subst. sans qu'il soit accompagné ny d'article, ny du mot d'"Un," & alors il se met tousjours aprés le subst. avec lequel il se construit: ainsi on dit en termes de Pratique. "Ces fruits là sont s. j'ay droit comme Seigneur de Fief de faire les fruits s". En ce sens il n'a plus guere d'usage que dans le style de Pratique.




Emplacement dans le dictionnaire :

midinette
mie
miel
miellat
mielle
miellé
miellée
mielleusement
mielleux

miette
mieux
mieux-disant
mieux-être
mieux-faisant
mièvre
mievre
miévrement
miévrerie
mièvrerie
mignard




Quelques citations relatives :

Citation n°1 de Jean MORÉAS (Iphigénie)

...je vois à présent que j'avais mal pensé. Ah ! Celle dont l'oracle a demandé la vie, n'est-ce pas ton enfant, ta belle Iphigénie ? Oui, c'est le sang d'un frère, et sous le fer cruel du même coup le mien arroserait l'autel. Sèche, sèche tes pleurs, que l'ancienne flamme brille encor dans tes yeux, rassérène ton âme ; l'ennui qui te pressait si fort auparavant n'est plus qu'une buée éparpillée au...


Citation n°2 de Jean MORÉAS (Iphigénie)

...le plus. ACTE II SCÈNE 3 Les Mêmes, Agamemnon Iphigénie que je bénis les dieux de te revoir, mon père ! Oui, mon coeur est heureux. Agamemnon que de ton tendre coeur l'émotion me touche ! Le mien vient de parler, ma fille, par ta bouche. Iphigénie je suis auprès de toi, comme tu le voulais : nous avons obéi, puisque tu commandais, et nous avons bravé la fatigue et la route. Un destin...


Citation n°3 de Jean MORÉAS (Iphigénie)

...! Clytemnestre de la sacrifier ? Allons, ose répondre et te justifier. Agamemnon parques, dieux infernaux, ô destin redoutable, ô toi, d'Agamemnon génie inexorable ! Clytemnestre ce génie est le mien et le sien à la fois : il est inexorable et nous perd tous les trois. Agamemnon mais quel tort t'ai-je fait ? Clytemnestre eh quoi, nier encore ! Malheureux, tu le sais plus que je ne l'ignore....


Citation n°4 de Jean MORÉAS (Les Stances)

...pentes arides, ô bords où j'égarais mes pas, ô vagues de la mer, berceau des Néréides, que je fendais d'un jeune bras, j'ai peur de vous revoir, mais c'est une folie : sied-il qu'un coeur comme le mien soit assouvi jamais de la mélancolie de votre charme aérien ? 4e LIVRE (XI) En cet après-midi si lourd-toujours j'y pense ! - de mon affreux pressentiment, lorsque je t'ai revue après vingt ans...


Citation n°5 de Pierre LOTI (Le Mariage de Loti : Rarahu)

...leur langage, j'étais isolé au milieu d'eux tous, autant que dans l'île du monde la plus déserte. Je sentais lourdement l'effroyable distance qui me séparait de ce petit coin de la terre qui est le mien, l'immensité de la mer, et ma profonde solitude... je regardai Taamari et l'appelai près de moi ; il appuya familièrement sur mes genoux sa petite tête brune. Et je pensai à mon frère Georges qui...


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